Questions fréquentes

          Que penser du piégeage printanier des fondatrices ?

    Il faut bien comprendre les enjeux/problèmes rencontrés par les différents acteurs : les apiculteurs essaient tant bien que mal de limiter la casse sur leur rucher en attendant des solutions plus fiables que les pièges bouteille de la part des scientifiques ; les scientifiques font avec les budgets qui leurs sont alloués et essaient de communiquer au mieux mais ça n’est pas toujours simple ; les médias donnent des informations contradictoires tout azimut utilisant parfois des sources « légères » amplifiant l’effet de confusion souvent juste pour « faire du buzz » et chez les désinsectiseurs il y a les bien et les moins bien intentionnés… Je me range du coté du MNHN (Muséum National d’Histoire Naturelle) qui reste la source la plus fiable et qui préconise d’éviter le piégeage à tout va au printemps entrainant d’énormes dégâts sur l’entomofaune et en particulier sur le frelon européen. Mais qui suggère également d’utiliser le piégeage dans les ruchers en cas de forte pression de prédation (lien article Rome et al., 2013) quand les colonies sont développées ainsi que la destruction systématique des nids rencontrés (de préférence avant le mois de juillet) pour limiter l’expansion de l’invasif. Néanmoins j'ai pu rencontrer des apiculteurs qui piégeaient au printemps de façon très sélective avec peu de dégats collatéraux mais ceci est loin d'être le cas de Monsieur ToutLeMonde ! La construction de pièges dans les écoles, la distribution de pièges à grande échelle par certaines communes sans contrôle de leur utilisation au nom du geste écologique et participatif… ça vous semble vraiment raisonnable ? La destruction locale de la petite entomofaune (mouches, lépidoptères etc...) par les pièges contribue à forcer le frelon asiatique à se replie sur les abeilles ! Si les populations reproductrices de ces proies sont éliminées au printemps, il y aura un impact très localisé sur la quantité de proie ce qui se répercutera de toute façon sur les ruchers ce qui est donc contre productif. De plus les traaux du MNHN ont montré que le piégeage printannier ne diminue pas la pression de prédation. Dans beaucoup de cas les pièges sont oubliés et finissent par piéger nombre de frelons européens ce qui semble plutôt contre-productif et destructeur pour les Vespidés autochtones qui sont actuellement susceptibles d’être les seuls vrais régulateurs efficaces du frelon asiatique en début de saison… Dans le doute, mieux vaut s'abstenir !

Voici des solutions respectueuses et ingénieuses pour les apiculteurs faisant face au frelon asiatique :

       - Lien forum G&F vers "La muselière"

       - Lien forum G&F vers "L'abri ruches"

                                            piégeage frelons    piège frelons

Le frelon européen (ici une jeune fondatrice) est l'une des principales victimes du piégeage non sélectif, mais il y en a bien d'autres...

 

          La concurrence printanière des fondatrices, est-elle réelle ?

    ASSUREMENT, il y a de nombreux travaux scientifiques sur les guêpes sociales qui mentionnent cette concurrence au sein d’une espèce et inter-espèces. Durant la période de fondation les guêpes sociales sont vraiment agressives entre elles et une « grande partie » des fondatrices disparaissent dans les combats. Malheureusement il n’est actuellement pas possible de chiffrer précisément ce phénomène car il est très difficile de trouver de jeunes fondations, très discrètes tant qu’il n’y a pas d’ouvrières. Cependant il semble que ce phénomène soit largement sous-estimé ! Plusieurs exemples ont été observés sur le forum (jusqu’à 4 fondatrices ayant été retrouvées mortes sous une jeune fondation de frelon asiatique !) Le phénomène est bien réel mais il est très difficile de le chiffrer… et dépend très probablement de la densité de colonisation des zones.

 

          Le nid primaire : mythe ou réalité ?

    Réalité… Il est connu de longue date chez le frelon européen qu’une délocalisation de la colonie peut avoir lieu en cours du développement et ce jusqu’à 50% des nids (Matsuura et al, 1984) ! Dans ce cas la fondatrice seule commence sa colonie dans un endroit confiné (nid primaire) puis, lorsqu’il y a assez d’ouvrières pour bâtir et protéger, un nouveau nid est construit dans un endroit plus spacieux et toute la colonie déménage (nid secondaire ou délocalisé). Encore une fois le phénomène n’est pas simple à quantifier mais il semble qu’une grande proportion des colonies puissent déménager en début de développement pour aller s’installer dans un lieu plus adéquat et plus sécurisé (souvent la cime d’un arbre, endroit où une fondation printanière serait probablement bien trop fragile pour résister aux conditions météo de début de saison et aux prédateurs). Certaines publications ont mis en évidence ce phénomène pour Vespa velutina dans son milieu d’origine en Asie (Nakamura/Sonthishai, 2004) mais le nombre de colonies observées est trop faible pour donner un chiffre général, d’autant que ce comportement est peut-être différent en Europe où les conditions climatiques sont elles-mêmes différentes.

    Lien :

Construction d'un nid satellite du frelon asiatique Vespa velutina en images

 

         Impact du frelon asiatique sur le frelon européen, doit-on craindre ?

    J’aimerai répondre non… vraiment, mais à l’heure actuelle pas de réponse à donner sur ce sujet faute de preuves suffisantes. Des interactions entre les 2 espèces de Vespa sont observées et une nouvelle fois, difficile d’être là au bon moment pour en apporter des preuves.

   En fait c’est l’homme à travers le frelon asiatique qui porte le plus grand préjudice au frelon européen ! Entre le piégeage tout azimut et la destruction systématique des nids de frelons [amplifiée par la phobie relayée par les médias], beaucoup de colonies de Vespa crabro tombent chaque année. Alors que, nous l’avons vu précédemment, le frelon européen a, à l'évidence, un impact sur la régulation des fondatrices de frelon asiatique et ce-dernier est probablement plus important que ce que l’on ne l’imagine. Par pitié, arrêtons le massacre d’un super-prédateur essentiel à l’écologie de nos campagnes ; ça, ça serait un vrai geste écologique ! Sachez que nos voisins allemands ont été obligés de protéger le frelon européen et que la destruction d’un nid en  Allemagne peut couter jusqu’à 50 000 euros d’amende !

 

         Que faire alors pour limiter sa progression ?

   La meilleure des solutions est de repérer les nids avant la période de production des sexués (septembre) et de les détruire. La destruction des nids en hiver à partir de novembre n'est d'aucune utilité car les jeunes fondatrices fécondées ont déja quitté le nid. La population restante (selon les températures il est possible de trouver des individus vivant jusqu'à fin décembre dans le nid, parfois même un peu plus tard !) va péricliter avec les gelées hivernales. Les quelques fondatrices pouvant rester dans le nid durant l'hiver ne seront très certainement pas aptes à recommencer un cycle (fondatrices tardives non fécondées, faibles ou malformées). L'idéal étant de détruire le nid en juin; de cette façon la colonie aura pu délimiter son territoire et éliminer les autres colonies (et fondatrices) environnantes et elle ne sera pas encore assez forte pour assurer une réelle prédation sur les ruches voisines.

 

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